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Parmi les agresseurs de nos abeilles, les produits phytosanitaires occupent une place importante. Leurs effets nocifs sur l’abeille ne sont plus à démontrer du fait même de leur usage, qui vise à détruire les insectes (différents stades de développement, familles, genres), les champignons (moisissures) et les végétaux indésirables gênant la production en agriculture et en élevage. Environ 4 000 produits bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché en France.
Quelques sites à visiter : → Bayer-agri.fr « Fiche mention abeilles » (2013)
→ Arvalis, Institut du végétal
→ ANSES « Mention Abeilles »
→ « Effets non intentionnels des produits phytosanitaires »
Cependant dans de bonnes conditions d’application des traitements phytosanitaires ces faits ne devraient pas se produire.
Seuls les produits portant la mention « abeille » sur l’emballage devraient être utilisés, en respectant la réglementation, mais ils ne sont pas sans danger,
Les produits présents dans l’eau contaminée des mares, dans les gouttelettes à la surface des feuilles des végétaux traités (guttation), entrent dans l’organisme par ingestion de microquantités, sans que des signes particuliers n’apparaissent.
Abeille sur fleur de colza
De même, l’absorption de nectar, le transport de pollen prélevé en zones traitées mettent l’abeille en contact direct avec de très faibles quantités de produits toxiques, et n’entraînent que peu de symptômes alarmants, si ce n’est qu’un affaiblissement des butineuses.
Butineuses d’eau
Curieusement les expériences ont montré que l’abeille est attirée préférentiellement par les eaux contaminées, les pollens et nectars des zones traitées (néonicotinoïdes).
Échange de nourriture, trophallaxie.
Un comportement anormal, agitation, tremblements, agressivité, atonie, larves mortes, abeilles mortes (tapis), disparition de butineuses et colonie faible, ruche quasiment vide d’insectes, avec réserves. Ces indices ne sont pas toujours attribuables aux pesticides, car ils se retrouvent également dans les cas de maladies contagieuses (virales, bactériennes). Photos
Le repérage des cultures et des élevages environnants avec périodes de traitement est un indice qui peut orienter les recherches de causes de mortalités.
La désignation « produit phytosanitaire » ou « formulation commerciale » représente le mélange de substances mis sur le marché pour répondre à une demande : détruire les ravageurs, les adventices, les moisissures… Ce mélange comprend : la substance active principale (au niveau européen, 423 substances actives sont autorisées), des adjuvants pour assurer sa stabilité, des solvants pour la diluer, des mouillants pour la diffuser sur les tissus et les espaces à traiter, des colorants, des compléments aux mêmes effets ou aux effets complémentaires (par exemple métaux).

Site « Agriculture.gouv.fr
Tout savoir sur les pesticides
Cette composition impressionnante est rarement détaillée et son rôle est déterminant dans l’efficacité du produit vendu, et donc sa toxicité vis-à-vis des organismes non ciblés dont les abeilles. L’efficacité (autrement dit la toxicité) repose donc essentiellement sur le mélange.
Sur le web : Tout savoir sur les pesticides sur le site du ministère de l’agriculture et de l’alimentation.
Autrefois, les insecticides utilisés dans notre région appartenaient aux principales familles : organochlorés (DDT), carbamates, organophosphorés, pyréthrinoïdes. Ils présentent de nombreux inconvénients : rémanence et accumulation dans les matrices, apparition d’espèces nuisibles résistantes, toxicité et stabilité mal contrôlées.
Aujourd’hui ils sont remplacés par des produits de nouvelles familles : les néonicotinoïdes hydrosolubles, transportés par la sève dans toutes les parties du végétal (systémie), à partir de la graine enrobée ou pelliculée dans une enveloppe contenant l’insecticide. Une nouvelle substance est proposée : le sulfoxaflor aux mêmes propriétés que les néonicotinoïdes mais moins stable.
Autres substance insecticides (familières aux apiculteurs) de la famille des formamidines : l’amitraze, et les phénylpyrazoles (fipronil).
Le mode d’action des insecticides : les molécules actives visent le système nerveux des insectes, bloquent les récepteurs neuronaux et agissent par épuisement de l’organisme. (Voir cette page sur les neurotoxiques )
Neurotransmission
La bentazone (Basamaïs®), le diuron (Herbonex), le triclopyr (Garlon™), sont supplantés par le glyphosate vendu en nombreuses formulations dont la plus connue est Roundup®.
Leur effet nuisible sur l’abeille n’est pas avéré. Ces produits agissent sur toutes les parties du végétal, graine, tige, feuille, bourgeon, en bloquant certaines activités enzymatiques.
L’emploi très largement étendu contribue à diminuer la biodiversité végétale et donc la nourriture disponible pour les insectes butineurs.
L’époxiconazole (Opus®), le foséthyl-aluminium (Aliette®) sont utiles pour préserver les plantes des moisissures. Leurs modes d’action sont complexes. Ce qui est observé dans nos régions : des mortalités massives d’abeilles lors des traitements de colza en fin de floraison.
Exemple de variations du nombre de substances actives homologuées pour les cultures de fruits à pépins, de fruits à noyaux, de maïs et de pomme de terre depuis 1961 Publié le 30/06/2017 D’après Index Acta : L’outil compilation des index phytosanitaires Acta (CIPA) )
En principe les mélanges de substances ne sont pas autorisés, et les délais entre traitements phytosanitaires doivent être respectés. En effet, la présence simultanée de plusieurs substances aux effets similaires ou complémentaires multiplient l’efficacité (ou la toxicité) et entraîne le dépassement des concentrations présentes en molécules actives et leurs résidus. L’effet cocktail est particulièrement toxique pour tous les insectes.
Deux types d’OGM sont actuellement rencontrés.
Le mode d’action des insecticides : dans la plupart des cas les molécules actives visent le système nerveux des insectes, bloquent les récepteurs neuronaux et agissent par épuisement de l’organisme.